Le senior a matière à évoquer son passé professionnel. Il en est parfois fier pour aimer à ce point se raconter. Il est à d’autres moments et pour d’autres raisons, contraint à mettre en valeur certains fragments de son parcours professionnel pour devoir notamment retrouver un emploi.
Raconter son histoire ou se raconter des histoires vis à vis du recruteur. Mieux en juger est peut-être éviter le risque de perdre sa crédibilité et ses perspectives d’avenirs professionnels. Tentons de donner une première définition de l’histoire d’une vie ; de vie: l’histoire de vie est « recherche et construction de sens à partir de faits temporels personnels » (PINEAU/ LE GRAND 1993).
Qu’il soit effectué par la personne elle-même ou par une ou plusieurs autres personnes, le récit est une construction spatio-temporelle d’événements du passé pour lesquels le présent exerce un effet incontournable.
Afin de souligner une fois pour toute un certain nombre de points de vue contradictoires sur un plan terminologique et conceptuel, le consultant de l'espace IG Boost reconnaît volontiers, à un moment ou à un autre, être traversé par des doutes méthodologiques.
Au regard de ces doutes, le consultant IG Boost accepte de se poser quelques questions d’ordre étymologique.
Nous sommes pour considérer que l’histoire de vie est équivalente à une approche sociologique qui d’une manière plus générique, correspond à une approche anthropologique.
Les différentes expressions « histoires de vie », « récits de vie », « approche biographique », méthode biographique » se convoquent les unes, les autres pour en fin de compte parler de la même chose.
Les différenciations terminologiques ne prennent qu’un sens mineur et cherchent principalement à se distinguer en référence à plusieurs orientations épistémologiques.
La détermination de l’origine logique des diverses expressions peut renvoyer à des valeurs et des portées différentes. Il est légitime de trouver en quoi les démarches auxquelles elles correspondent sont scientifiques, sans pour autant juger et assigner prématurément certaines d’entre-elles au registre de la littérature.
Afin de clarifier la terminologie des expressions utilisées, il est nécessaire de rappeler le sens donné à l’histoire. Etymologiquement, l’histoire est une recherche et une quête de sens fondées à partir de faits temporels. Le récit écrit ou oral apporte un éclairage sur les événements passés et peut ainsi former un corpus de connaissances.
Le témoignage sur lequel nous souhaitons prendre appui, est intimement lié au temps et à la façon avec lequel le témoin conçoit son temps. Le temps conditionne directement la vision du passé.
C’est, d’un point de vue à la fois psychologique, sociologique, philosophique, toute la question de la mémoire qui se trouve ici posée. (Cf. P. RICOEUR).
La mémoire se structure selon l’historicité du témoin qui raconte. Le niveau d’authenticité du récit réside dans le subtile mélange de sincérité et de spontanéité que l’auteur s’autorise à lui-même et surtout, de la liberté d’expression que lui permet l’entretien narratif. La véracité des propos pour décrire l’histoire des événements vécus tient au seul critère que le narrateur est convaincu de dire la vérité ou croit l’exprimer.
Les preuves d’historicité des récits émanent donc de la sincérité de l’expression, sans réserve de ses narrateurs, de ce qu’ils ont été témoins.
Le fait d’être amené à mettre en récit sa vie ou un fragment de sa vie, à un interlocuteur, permet au narrateur de dégager différentes perceptions de son vécu selon la construction temporelle qu’opère le récit.
L’attention se porte tout particulièrement sur la capacité pour le narrateur d’advenir. Selon Vincent de GAULEJAC , le récit de vie permet plus précisément au sujet d’être capable d’une certaine prise sur la temporalité en articulant passé, présent, futur.
C’est ainsi que le sujet est en capacité, au cours du récit, de passer du statut d’objet déterminé par « l’histoire » à celui de sujet produisant la sienne.
1. De Gaulejac, V. (1996), Les sources de la HONTE, Paris, Ed. Desclée de Brouwner.